L’endométriose est une maladie gynécologique qui touche environ 1 femme sur 10, ou 1 personne menstruée sur 10. Du tissu semblable au tissu de la paroi de l’utérus se retrouve en dehors de la cavité utérine, atteint différents organes, et réagit au variation hormonale lors du cycle. C’est une maladie inflammatoire qui génère des douleurs pendant les règles et tout au long du cycle, qui affecte le quotidien des personnes atteintes et peut être très invalidante.
Alimentation et endométriose : l’importance de la flexibilité.
Avant toutes choses, il n’est pas question d’adopter un régime strict qui serait source de stress et de frustrations. On ne supprime pas de familles d’aliments, mais on trouve l’équilibre entre le soulagement des symptômes et ce qui est faisable au quotidien. La flexibilité est donc importante pour apporter des changements durables!
Quels aliments privilégier?
On va adopter une alimentation de type méditerranéenne, en favorisant ces aliments :
- Oméga 3 : poissons gras, huile de colza, huile de noix, huile de lin….
- Fruits et légumes : pour leur apport en fibres et en anti-oxydants
- Oléagineux : noix, graines de lin et graines de chia….
- Légumineuses : riches en fibres et minéraux, excellente source de protéines.
- Epices et herbes aromatiques.
- Les aliments riches en polyphénols comme les fruits rouges, le thé vert et le chocolat noir à 70%

Quels aliments réduire?
Ceux qui favorisent l’inflammation :
- Le sucre raffiné
- L’excès de caféine (<300 mg/j)
- Les aliments ultra-transformés
- L’alcool
- La viande rouge (2/semaine maximum).
Attention, il n’est pas question d’interdire ces aliments. Il n’y a pas de raison de supprimer les laitages et le gluten de façon systématique.
Les perturbateurs endocriniens.
Selon l’OMS, « un perturbateur endocrinien est une substance exogène (ou un mélange), qui altère une ou plusieurs fonctions du système endocrinien et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, de sa descendance ou de certaines sous-populations. »
On les retrouves notamment dans les pesticides, les plastiques, la pollution environnementale, les cosmétiques….
Dans l’endométriose, les perturbateurs endocriniens miment l’action des œstrogènes déjà en excès, et accentuent les symptômes. Prioriser les produits bio et les contenants en verre, est un bon moyen de les réduire.
Et en cas de syndrome de l’intestin irritable (SII) associé?
Les personnes souffrants d’endométriose ont plus de risque de souffrir du SII. Les chiffres varient selon les auteurs.
Il faudra donc adapter l’alimentation aux symptômes et déterminer s’il y a des intolérances alimentaires.
Dans certains cas, on pourra mettre en place le protocole Low FODMAP’s qui permet de déterminer les intolérances et les aliments déclencheur de symptômes. En limitant la consommation de ces aliments (il y a toujours un seuil de tolérance), on améliore les troubles digestifs et le confort des patient.es.
En conclusion, l’alimentation peut avoir un impacte sur les symptômes de l’endométriose. Si vous souhaitez modifier votre alimentation, faites vous accompagner d’un.e diététicien.ne qui connait bien la maladie. Si on vous propose de supprimer totalement des aliments, fuyez!
Sources : Article Endofrance du 09/05/2024 « Alimentation anti-inflammatoire et endométriose », article Inserm 06/05/2024 « Perturbateurs endocrinniens : des risques potentiels ou avérés pour la santé humaine » et article Cerin « JFN 2024 : quels sont les liens entre l’endométriose et la nutrition? »


Diététicienne Nutritionniste

